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Balades au coeur de villes françaises et étrangères à travers des cartes postales anciennes et des photos d'aujourd'hui. Reconductions photographiques. Expos photos « avant / après ».

À la recherche des petites histoires de la Grande Guerre

Publié le 28 octobre 2013

La grande collecte de souvenirs de 1914-1918 débute en France le 9 novembre et durera une semaine. Elle s'annonce fructueuse.

Le soldat Kurt Geiler, fervent chrétien, portait toujours une bible sur lui. En 1917, dans une tranchée du nord-est de la France, son livre relié de cuir marron lui a sauvé la vie. Alors qu'il dormait, des obus commencèrent à pleuvoir. « Sous sa tête, un grand éclat d'obus de 4 centimètres avait déchiré la bible. Il était passé au travers, mais pas complètement. Mon père resta en vie », a raconté son fils Gottfried Geiler. Resté comme un objet mythique dans cette famille, l'exemplaire relié cuir, dans lequel l'éclat est encore incrusté, est apparu lors de la grande collecte d'objets liés à la guerre de 14-18, organisée en Allemagne en 2011.

Depuis trois ans dans toute l'Europe, et entre le 9 et 16 novembre en France, une immense campagne de récupération d'objets et d'archives personnels liées à la Première Guerre mondiale est en cours. Déjà 500 000 souvenirs et photos ont été récoltés dans dix pays, sous l'égide d'Europeana, une bibliothèque numérique européenne.

 

La France a décidé de prendre sa large part dans ce mouvement, au moment où l'Europe et le monde s'apprêtent à commémorer avec force la Grande Guerre. Soixante-dix points d'accueil, des services départementaux d'archives et des bibliothèques municipales, principalement, vont ouvrir pendant une semaine, attendant de pied ferme les familles et leurs trésors. Uniformes de poilus, lettres, cartes postales et objets intimes sont les bienvenus.

Rapidement, ces archives seront photographiées, numérisées, puis mises en ligne pour être enfin rendues à leurs propriétaires. « Nous possédons beaucoup de documents officiels ou liés à l'histoire militaire. Les familles, elles, possèdent des lettres, des dessins, des carnets de poilus, des journaux intimes, des photos » , explique Hervé Lemoine, directeur des Archives de France. «Ce qui veut dire qu'elles ont, entre autres, l'histoire de l'arrière-front ».

La sale guerre a été longue et a laissé des traces dans tous les foyers français. Si les survivants sont rares - il ne reste aucun poilu en vie -, la période a marqué durablement les générations. Dans toutes les familles, il y a au moins une histoire ou un mythe lié à 14-18. Dans l'est ou le nord de France, il n'est pas rare de trouver des éclats d'obus dans les champs. Dans la Somme, région meurtrie par le conflit, la collecte a déjà démarré. Elle a porté ses fruits, laissant augurer un engouement français pour la démarche.

Des familles ont notamment apporté des cartes postales d'enfants envoyées à leur père, pleines de délicatesse et de patriotisme. Ou encore des lettres dramatiques écrites par des poilus. « 5 décembre 1917 (…). Il fait depuis deux jours un froid terrible - 10, - 12 degrés, l'eau gèle et fait sauter les radiateurs, nous sommes dans un grenier au-dessus d'une grange sous les tuiles, très froid, je ne puis tenir une plume ni une aiguille », raconte René Hardy, soldat du 85e régiment d'artillerie, alors qu'il se trouve dans l'Aisne.

À terme, tous les matériaux serviront aux historiens et à la recherche ou encore aux scolaires. « La collecte aboutira à l'écriture d'une page d'histoire européenne », explique Bruno Racine, président de la BnF et du site Europeana. « Car ce que montrent les documents privés, c'est une expérience humaine commune qui va bien au-delà des propagandes nationales ».

Dénicher des archives familiales, authentiques et originales, voilà le but de cette récolte organisée par la Mission du Centenaire. Un numéro de L'Illustration, journal tiré à des centaines d'exemplaires, déjà conservé dans les bibliothèques publiques, n'entre pas, par exemple, dans ce cadre. Les personnes souhaitant donner ou déposer des souvenirs peuvent contacter les institutions spécialisées comme le Musée de l'armée à Paris, l'Historial de la Grande Guerre à Péronne (Somme) (voir l'article « Guerre de 14-18, les familles sont invitées à partager leurs archives » sur La Croix.fr) ou le Musée de la Grande Guerre de Meaux (Seine-et-Marne). Les services d'archives départementales et les bibliothèques municipales sont également habilités à recevoir en don ou en dépôt les archives privées. Les objets seront soit mis en dépôt, soit numérisés, puis rendus à la famille. Ils ne sont pas achetés. Les Archives se réservent cependant le droit de refuser certains objets.

Source : Le Figaro.fr

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