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Balades au coeur de villes françaises et étrangères à travers des cartes postales anciennes et des photos d'aujourd'hui. Reconductions photographiques. Expos photos « avant / après ».

Une ville...avant et après : San Francisco (3)

Publié le 20 septembre 2012

En 1906, San Francisco est une cité en plein essor. Ville-champignon née un demi-siècle plus tôt de la ruée vers l'or, elle est devenue à cette date la grande métropole de la côte ouest des États-Unis. C’est alors une ville moderne et élégante qui est devenue un véritable centre culturel.

C'est à l'or que San Francisco doit sa fortune. Découvert en 1848, l'année même où le Mexique cède la Californie aux États-Unis, le métal précieux que recèlent les montagnes Rocheuses provoque une véritable ruée vers l'Ouest. Petit village en 1848, San Francisco est déjà une cité de 50 000 habitants deux ans plus tard. En 1906, devenue neuvième métropole des États-Unis avec 400 000 habitants — presque la moitié de la population californienne —, cette ville moderne et élégante, dont la moitié des habitants ne sont pas nés en Californie, vit de bien autre chose que de l'orpaillage ou de l'exploitation des mines.

Mais, le 18 avril 1906, à 5h35 du matin, une secousse sismique d'une ampleur considérable l'ébranle et provoque un gigantesque incendie qui la détruit presque entièrement.

Fière de ses 20 théâtres et de son Opéra, elle l'est plus encore de son quartier d'affaires, où banques et maisons de commerce prospèrent à l'ombre du grand hôtel de ville récemment construit. Or, c'est ce quartier d'affaires, symbole du dynamisme de la cité, qui se trouve totalement détruit par le gigantesque incendie d'avril 1906. En effet, beaucoup plus que le tremblement de terre proprement dit, qui, malgré son amplitude de 8,2 degrés sur l'échelle de Richter, qui en compte 9, fait peu de victimes dans une ville où les constructions sont encore majoritairement en bois, c'est l'incendie qu'il provoque qui déclenche la véritable catastrophe.

Pour certains, ce sont les étincelles échappées des fils de tramway tombés sur le sol après la secousse, pour d'autres, ce sont les lampes à pétrole renversées qui sont à l'origine des flammes : dans une ville où le principal matériau de construction est hautement combustible, mille raisons peuvent expliquer le début de l'incendie. Une demi-heure après la secousse, en tout cas, on recense déjà 50 foyers d'incendie. Le feu fait rage ensuite deux jours durant, ravageant la moitié de la ville, tuant 450 personnes, en chassant 200 000 autres de chez elles.

Faute d'eau — les canalisations ont été rompues lors de la secousse sismique —, les autorités ne peuvent rien : les pompiers assistent à peu près impuissants à l'incendie, l'administration se contente de loger provisoirement les sans-abri dans des tentes installées en hâte dans le grand parc de la ville. L'armée, dans ces conditions, prend les choses en main. Le chef de la garnison, le commandant Funston, décrète la loi martiale et ordonne de tirer à vue sur les pillards qui voudraient profiter de la panique générale. Face à l'incapacité des pompiers, le même homme décide le dynamitage à grande échelle des bâtiments pour sauver les quartiers encore non touchés. En quelques heures, les habitants voient disparaître la plus belle artère de la ville, Van Ness Avenue, dont les façades faisaient leur orgueil. Ce sacrifice permet de protéger l'ouest de la ville, mais les quartiers est, de part et d'autre de Market Street, sont la proie des flammes : les quais et les entrepôts sur la baie, le quartier d'affaires ainsi que le quartier chinois sont totalement détruits.

Les habitants ont à cœur d'effacer rapidement le souvenir du cataclysme. À peine un mois plus tard, le plus célèbre citoyen de la ville, William Randolph Hearst (le magnat de la presse dont s'est inspiré le cinéaste Orson Welles pour son film Citizen Kane), fait venir Sarah Bernhardt : l'actrice française joue Adrienne Lecouvreur dans le théâtre en plein air de Berkeley. La ville, reconstruite rapidement, est encore plus belle. Les nouvelles techniques de construction associant le béton et l'acier permettent de concevoir une cité entièrement nouvelle, faite de gratte-ciel.

À l'été de 1915, l'ouverture du canal de Panama est l'occasion d'organiser une grande exposition : 19 millions de visiteurs viennent alors admirer San Francisco remise à neuf. Malgré cela, aujourd'hui encore, la catastrophe de 1906 occupe une grande place dans la mémoire collective des habitants de San Francisco. Comme, avant elle, Lisbonne en 1755 ou, après elle, Tokyo en 1923, San Francisco est entrée dans la catégorie des villes martyres des tremblements de terre. Certains vont jusqu'à attribuer à la menace constante de nouveaux séismes le caractère insouciant et fantasque d'une ville dont l'atmosphère est aujourd'hui unique aux États-Unis.

Shawn Clover nous fait ici revivre cette terrible tragédie en mixant à la perfection images d'époque et images actuelles.

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À découvrir également, une comparaison de deux films réalisés sur Market Street (l'une des principales artères principales de la ville, souvent comparée à la Cinquième Avenue de New York ou encore à l'avenue des Champs-Élysées de Paris), tournés en 1906, provenant des Archives Prelinger. Le film sur la gauche a bénéficié d'une large diffusion, mais a souvent été incorrectement datée de 1905. Des recherches ultérieures par l'historien David Kiehn du Musée Niles Essanay Silent Film, a déterminé que la séquence fut tournée par Miles Harry Herbert le 14 Avril 1906, soit 4 jours avant le séisme.

À noter le « spécial San Francisco » demain soir dans l'émission Thalassa sur France 3. En attendant, retrouvez les deux premières séries sur San Francisco : série 1 ; série 2.


Commentaires sur Une ville...avant et après : San Francisco (3)

  • J'adore vos montages...
    Je n'ai pas vu comment s'abonner à votre blog... vous n'avez pas mis l'option ?... c'est dommage...

    Posté par Missboutons, 07 octobre 2012 à 11:56 | | Répondre
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